Métropoles européennes et statut des villes capitales

metropole_europeAvec 80 % de la population habitant en ville, l’Europe possède un taux d’urbanisation élevé. Le semis urbain fait apparaître la densité de villes la plus forte au monde, sachant que la définition de la ville diffère selon les pays membres de l’Union : commune de plus de 2000 habitants en France, le seuil est réduit à 200 habitants en Suède alors qu’il doit dépasser les 5000 en Belgique.

Concentration de population donc, à quoi s’ajoute une concentration des activités et fonctions supérieures (aéroports, places financières, foires internationales, sites culturels, universités, etc..) ainsi que des fonctions de commandement (sièges sociaux des plus grands groupes européens) dans les plus grandes agglomérations : Londres, Paris, Madrid, Amsterdam, Milan).

3 modèles de systèmes urbains coexistent dans l’espace européen, un modèle Parisien ou modèle monocentrique où la capitale par son poids démographique et les fonctions qu’elle rassemble exerce son influence sur une vaste région qui se confond presque avec l’ensemble du territoire national, un modèle rhénan ou polycentrique où plusieurs villes se partagent le premier rang et exercent leur influence sur des régions de dimensions comparables, ainsi qu’un modèle intermédiaire où une grande ville partage son influence avec d’autres grandes villes ( Italie du Nord, Espagne du Nord).

A l’exception de Paris et Londres, les villes européennes ne font plus partie des grandes mégapoles mondiales, mais parviennent à trouver un espace d’autonomie à un échelon moindre, national ou local.

Cette autonomisation des villes est favorisée par un processus d’intégration européenne se traduisant par une redistribution de l’autorité, créant ainsi, comme le dit Patrick Le Galès, un « intermède historique » de confusion et d’interdépendance des pouvoirs, le pouvoir central de l’Etat étant affaibli par le poids des instances supranationales régissant l’espace européen.

Cette même intégration européenne met les villes en concurrence plus directe les unes avec les autres, et l’attractivité de celles-ci devient un élément déterminant de la compétitivité économique des territoires.

En 2000, un rapport commandé par la DATAR proposait une hiérarchisation en 5 classes. Au sommet du classement figurent Londres et Paris. Ce sont des métropoles mondiales ou villes globales. Ces espaces urbains fonctionnent en système, concentrant l’essentiel du trafic aérien et des flux de télécommunication : 90 % des opérations financières s’y décident.

Viennent ensuite des villes de dimension européenne comme Madrid, Amsterdam, Milan, Barcelone, Berlin, Rome, Bruxelles, Vienne, ou Munich. Il convient de noter qu’il ne s’agit pas toujours de capitales. D’autres villes ont plutôt une dimension nationale : Lisbonne, Athènes, Copenhague. Enfin apparaissent des métropoles régionales comme Lyon, Marseille, Toulouse, Florence.

Le statut des villes-capitales

Il est intéressant de constater d’ailleurs que les deux villes de tête sont d’anciennes capitales d’états très centralisés, et que parmi les villes de second niveau figurent un certain nombre de villes s’appuyant précisément sur leur statut de capitale.

Pour autant, dans un contexte de métropolisation, la notion de capitale a-t-elle encore du sens ? Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe a tenté de répondre à cette question en 2007 en procédant à un examen de la situation de ces villes du point de vue de la Charte européenne de l’autonomie locale. Si aucune mention particulière à la capitale ne figure dans la Constitution de certains pays européens (dont la France et le Royaume-Uni !), cette reconnaissance est souvent due à une histoire et des traditions de longue date et revêt une fonction essentiellement symbolique. Par ailleurs, rien n’indique clairement si le siège du Gouvernement national est la fonction principale d’une capitale ou si les institutions de l’Etat s’y sont installées parce qu’il s’agit d’une capitale !

L’organisation de ces villes est similaire à celle de villes de taille comparable, et rien ne permet donc de les distinguer, d’où la proposition faite par le Congrès que les Etats européens envisagent de conférer à leur capitale un statut spécial, actant ainsi leur spécificité et leur donnant une existence juridique pérenne.

Licence Creative Commons
Métropoles européennes et statut des villes capitales de Gilles Fournel est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à https://yggdrasill213.wordpress.com/2013/07/27/metropoles-europeennes-et-statut-des-villes-capitales/.

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